Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

20/12/2012

« Un rendez-vous autour d’une table, c’est un rendez-vous important »

Le comédien Patrick Timsit vit une partie de l’année aux portes d’Uzès, dans un petit village - dont nous tairons le nom, par respect pour sa tranquillité - qu’il a découvert il y a plus de 20 ans. Il est tombé amoureux des vieilles pierres, des « cœurs énormes », comme il dit, qu’il y a rencontrés, et de la nature alentour. Dans un petit mazet d’abord, puis dans une belle et grande maison, il se sent désormais chez lui, lui le petit déraciné quittant l’Algérie à deux ans : « Ici, je me suis inventé des racines ».

Interview : Arnaud Boucomont - Photographie : Samuel Duplaix. L'intégralité à lire dans Midi Gourmand Hiver 2012-13.

Quel est votre premier souvenir de goût ?
Quand je partais à l’école et que ma grand-mère préparait déjà le repas du soir. J’essayais de piquer quelques trucs et ma grand-mère faisait semblant de crier. Les carottes au cumin, le couscous... Les petites boulettes de viande qui commencent à rissoler. Quand ça vous arrive dans le nez, avec la vapeur du couscous, c’est agréable, coloré. C’est comme des fleurs.
Les goûts, ce sont aussi des images. Vous en avez une particulière en tête : celle de pots de confiture laissés sur votre table par votre voisine...

Oui, c’est un art de vivre, un trésor, quelque chose que j’ai rencontré dans le petit village de l’Uzège où j’habite. Quand j’y suis arrivé (en 1990, Ndlr), on dormait les portes ouvertes. J’ai horreur du “C’était mieux avant”, mais c’est vrai que c’était formidable. Ce n’était pas rare que ma voisine d’en face me laisse des confitures d’abricot, de figue, de prune, qu'elle venait déposer discrètement au petit matin.
Je me souviens aussi d’une autre voisine, Nicole, qui m’avait fait manger une cuisse de poulet fermier avec une belle salade du jardin. J’ai signé l’achat de ma petite maison, à l’époque, sur un coin de table de sa salle à manger. Nicole, une autre fois, était allée chercher des lavandes, elle en avait inondé ma table. Je me souviens de ma petite pièce, qui faisait à la fois cuisine, salle à manger et salon... Avec cette lavande qui embaumait toute la pièce. Je revois aussi la fois où je suis allé visiter le village de Lecques, dans le Gard, avec des enfants d’amis. Je voulais leur montrer l’arbre aux poules. Au lieu d’y avoir des fruits, il y a des poules qui sautent, qui en descendent. Je suis reparti avec des tomates données par les deux fermiers, qui m'avaient dit “Tu vas goûter des tomates”.
Les gens s’occupent bien de moi. En ce moment je suis à Paris, mais en bas, Véronique a cueilli des champignons et elle a prévu ma part. Il y a aussi Lolotte et ses fromages de chèvre. La chèvrerie, c’est la halte indispensable : les enfants se font pincer les fesses ou les couches par les chevreaux. On repart avec des fromages. On a des images en même temps que le goût dans le palais.
Vous avez fait connaître ses pélardons à travers le monde...
Oui, j'en ai amené à Tahiti, ça a fait une photo choc avec les tatouages maoris, quand j’étais en tournage pour “Le prince du Pacifique” (d’Alain Corneau, avec Thierry Lhermitte, Ndlr). Il y a des gens super, aussi, du côté de Saint-Laurent-la-Vernède, toujours dans le Gard. C’est le domaine Natura. Vous allez cueillir vos fruits sur les arbres, ou vous les leur achetez. Ils font également du vin. Ils tiennent le coup, contre vents et marées.
Vous êtes un habitué du marché d’Uzès ?

J’y vais très tôt ou très tard. Même si on dit que c’est très touristique, il y a quand même de très bons produits. J’ai mes adresses. Je vais chercher mes olives, au stand accolé à la fontaine.
Vous pourriez pourtant avoir vos propres olives, puisque vous vous êtes associé à une bande de copains dans votre village pour faire de l’huile...

Cette année, ça a gelé en février et en mars. Ça fait deux ans qu’on est sans olive. Beaucoup d’oliviers ont gelé dans le Gard. J’ai découvert les plaisirs de l’agriculture. Ça a été une année sans olive, mais une année à fruits. Et puis de toute façon, c'est magique quand on a quelque chose, parce que nos arbres sont jeunes. Ils doivent se faire au terrain. On les a pris jeunes parce qu’ils ont plus de mal si on les plante vieux. On est sur le rocher. On les arrose les premières années mais pas après... Il faut qu’ils apprennent à ne pas devenir feignants, sinon ils ne vont pas chercher leur eau et faire leurs racines. C’est une région très dure. Il fait très chaud l’été, froid l’hiver, avec du vent qui accentue le froid. On a eu -14° en mars !

Les repas entre amis, quel sens ça a pour vous ?
Un rendez-vous autour d’une table, c’est un rendez-vous important. Que chacun amène quelque chose ou que j’aie préparé un repas, peu importe la formule. Je fais ça souvent le dimanche soir.
Pourquoi ce jour-là ?
C’est un rendez-vous qui m’apaise. Je n’aime pas le dimanche soir. Je l’ai fait hier. J’ai rendez-vous dimanche prochain. Ça me rassure énormément. Un rendez-vous d’amitié, c’est souvent un rendez-vous culinaire. On peut faire ça aussi pendant un peu plus longtemps : l’an dernier, j’avais invité des amis pendant quatre ou cinq jours, pour manger des truffes. L’an dernier, j’ai été parrain du marché de la truffe d’Uzès, pour soutenir l’action de Michel Tournayre, qui se bat.
La nourriture est présente dans quelques-uns de vos films. A commencer par “La crise”, de Coline Serreau, dans lequel vous vous goinfrez...
Manger, à l’image, c’est quelque chose de terrible ! Les scènes de sexe ou de cœur, c’est compliqué, mais manger c’est encore plus dur. On fait ça toute la journée. Et comme j’aime bien le maximum de vérité à l’écran, je ne fais pas semblant de manger. Je note les scènes à l’avance. Je regarde si on peut avoir des choses pas très grasses, pas trop crémeuses.
Qu’avez-vous retenu, au niveau de l’alimentation, de votre passage en Terre inconnue, l’émission de France 2 pour laquelle vous plongiez dans la vie des Mentawaï, en Indonésie ?

Il n’était pas question de boire de l’eau de la rivière ou de manger le cochon bouilli dans cette eau-là. Il ne faut pas avoir de complication, c’est ennuyeux d’être malade là-bas, même si on avait un médecin urgentiste. Une personne nous faisait à manger du riz, des poulets... C’est ce qu’on peut manger partout dans le monde. On le grille bien, et tout va bien.
Vous êtes plutôt salé ou sucré ?
Plutôt salé... Et sucré quand j’ai des crises. Quand je suis très sucré, c’est que mon cœur réclame. Et il en réclame en quantité !
Etes-vous bio ?
Je n’en fais pas une référence totale, notamment en vin ou en fromage. Pour la bouche, c’est une garantie très rassurante, même si je vais plutôt regarder la région ou le boucher.
Etes-vous bon cuisinier ?
Non. J’ai toujours été complexé. J’ai des amis qui cuisinent à ma place. J’ai trop le trac. Quand je dois faire deux œufs, je tremble. Pire... une omelette ! Je cuisine quand je suis seul... Des pâtes.

Timsit. Phot Samuel Duplaix.jpeg



 

 

25/06/2012

Pour l’été, Midi Gourmand raconte des salades !

UneMG653.jpgLe numéro 7 (Eté 2012) du trimestriel Midi Gourmand vient de paraître.  A la une, des salades de l’été réinterprétées par le chef étoilé Charles Fontès, du restaurant « La Réserve Rimbaud » de Montpellier qui propose cinq recettes, analysées et décortiquées par le médecin nutritionniste Laurent Chevallier.
A lire également un reportage sur un pêcheur de tellines au Grau du Roi, une incursion au sein du monastère orthodoxe de Solan où l’on produit du vin, une journée au pied des cerisiers à Céret ou encore une échappée dans l’atelier de fabrication de macarons d’un pâtissier de Narbonne !

Eté oblige, Midi Gourmand propose une sélection de rosés de la région, ainsi qu’un petit panel des huiles d’olive d’ici ! Enfin cerise sur le gâteau, c’est le chanteur on ne peut plus gourmand Pierre Perret, qui répond aux questions de l’interview épicurienne.

Petite nouveauté estivale, en plus du magazine est offert un mini-Midi Gourmand de 64 pages consacré au meilleur des produits de l’Aveyron, avec également quelques portraits de ceux qui font vivre ce département. Autant d’articles à déguster sans modération !


 

03/01/2011

Première biennale de la truffe à Uzès (30)

truffes kris.JPGDans le cadre du week-end de la truffe qui se tient annuellement à Uzès du 14 au 16 janvier, se déroule cette année la 1ère biennale du genre. Au programme, vendredi 14 janvier de 16h30 à 17h30, "la truffe noire, les truffières : 1ers apports du séquençage du génome et résultats de la reproduction sexuée". Le 15 janvier, ouvert à tous de 14h30 à 18h, une conférence sur "la trufficulture, une chance pour les régions d'Europe". Le dimanche 16 janvier de 15h à 16h30, conférence sur "La truffe et ses multiples relations aux plantes dans les truffières." Au cours de ce week-end, un repas autour du tubercule est ouvert au public, un marché, des enchères.... Pour en savoir plus, consultez notre numéro d'hiver. Christelle Zamora

 

Tél : 04 66 22 68 88