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29/11/2016

2 élèves de Souillac Jeunes Talents des Disciples d'Escoffier

Trois heures pour cuisiner un quasi de veau avec ses garnitures et dresser un plat de deux assiettes. C'était le challenge imposé pour la finale régionale Grand Sud-Ouest du Challenge international Espoirs Escoffier 2017 qui s'est déroulée au Lycée Hôtelier de Souillac (Lot) le 18 novembre dernier. Dans la catégorie cuisine, ils étaient 4 élèves cuisiniers à s'affronter pour cette épreuve présidée par Pascal Bardet du restaurant Le Gindreau à Saint-Médard (Lot), jugée par un jury de professionnels (cuisiniers, sommeliers, représentants de l'agroalimentaire, journalistes). Et c'est Julien Mouly, 22 ans, élève en BTS au lycée hôtelier Quercy Périgord de Souillac qui l'a emporté. Dans la catégorie service, même si elle était seule à concourir, Stéphanie Mateus, 20 ans, également étudiante au lycée hôtelier de Souillac, a passé avec sérieux les épreuves (mettre en valeur un foie gras cuit au torchon et découper et servir un suprême de volailles sauce villageoise) et obtenu des notes élogieuses. Une épreuve qui s'est déroulée sous les bons offices de Bernard Louis Jaunet, Secrétaire Général international des Disciples d'Escoffier et Patrick Guat, Président de la Délégation Grand Sud-Ouest des Disciples. Les deux lauréats régionaux participeront à la finale nationale organisée le 13 janvier prochain à La Rochelle, avant peut-être la finale internationale en février 2017.

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28/06/2016

Cahors : un festival au dessus du... Lot

En décidant de mettre en vedette pour cette7ème édition un chef médiatique, le fromage Rocamadour et la lutte contre le gaspillage, le festival Lot Of Saveurs surfe sur l’air du temps. Incontournable donc du 30 juin au 3 juillet à Cahors puis, jusqu’au 25 août, dans les communes du grand Cahors.
Le parrain 2016 déclare qu’il a été assez facile de le convaincre. Michel Sarran, chef deux macarons à Toulouse, estampillé « vu à la télé ». «  Lot Of Saveurs met en avant toute une région, des hommes et des produits. Et le Lot offre beaucoup de beaux produits. Ce genre d’évènements manque un peu. C’est ce qui est porteur et qui plaît dans les émissions télé. Et puis j’ai beaucoup d’amis cuisiniers dans le Lot », confie le chef. Plus enthousiaste encore Didier Philippe, chef de la restauration collective du grand Cahors, développe son implication. « Nous servons le samedi soir 2000 repas à 13€ conçus uniquement avec des produits labellisés du Lot. Mais c’est ce que nous faisons tout au long de l’année. La cuisine centrale participe aux circuits courts grâce à vingt partenaires réguliers. Pour le banquet, le menu est testé depuis le mois de septembre ; il doit être copieux et rapide ». Testé et approuvé : pas de stress, pas de file interminable pour aller se servir, plats chauds vraiment chauds, bonne humeur, sérénité et surtout savoureux. Une belle réussite. Seul inconvénient : difficile d’y participer tant l’engouement est grand. Carine Coutard, directrice de la communication de Cahors tente chaque année de satisfaire le plus grand nombre. « Nous ouvrons le boulevard pour que les brasseries puissent s’associer à ce banquet. Depuis la soirée d’ouverture jusqu’aux marchés gourmands dans les communes du grand Cahors, chaque soir nous passons à table de façon différente : le pique-nique, le banquet, le repas des chefs. Les enfants des écoles y sont associés en amont en fabricant des fromages Rocamadour ou avec des animations autour du gaspillage alimentaire ». Lot Of Saveurs ce sont aussi des démos de chefs, la cuisine des déchets, le salon du livre culinaire, un championnat de cuisine amateur, un marché gourmand, la parade délirante des Rékupertous, une brocante des arts de la table.
Au registre des nouveautés il faut noter la« dînambulation » une invention de toute pièce de l’UIVC (Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors) le jeudi soir, où il sera le moment de déguster, en accord mets-vins, le fameux malbec, cépage du Cahors, en suivant un parcours destiné à s’installer au plus près des lieux insolites et/ou historiques de la ville. De quoi faire presque concurrence au banquet labellisé « Grande tablée » par le Ministère de l’Agriculture depuis 2014. Dominique Malvy

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Lot Of Saveurs du 30 juin au 3 juillet à Cahors (Lot). Le samedi soir grand banquet, le dimanche diner gastronomique. Puis jusqu’au 25 août dans les communes du grand Cahors. Renseignements : 05 65 53 20 65. www.lotofsaveurs.fr

 

 

 

10/06/2016

Les Maîtres Cuisiniers à l'échelle de la nouvelle région

C'est lundi dernier 6 juin à Lattes chez Jacques Mazerand (Restaurant Le Mazerand), qu'a été présentée l'édition 2016-17 du guide des Maîtres Cuisiniers de France. Créée en 1951 dans le but de défendre les valeurs de la gastronomie française, l'association comprend 563 membres dans le monde entier, dont 60% en métropole. La nouveauté 2016 pour les chefs du Sud, c'est désormais la réunion dans le guide des chefs des ex régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. 26 chefs sont membres de l'association dans cette grande région, dont Jacques et Laurent Pourcel (Montpellier), Michel Kayser (Garons), Franck Seguret (Perpignan), Jean-Pierre Saint-Martin (Saint-Savin) etc. Ce guide, distribué gratuitement à 200 000 exemplaires, est pour l'association, "la garantie d'établissements soucieux de la sélection des produits et de la formation d'un personnel sensible à l'accueil du client".

 

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02/04/2015

La Calina, la brioche audoise aux grandes ambitions

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En partenariat avec la boulangerie « Au pain viennois », les élèves de Bac Pro vente du lycée Gustave Eiffel de Narbonne ont eu l’honneur de dévoiler en exclusivité La Calina. Une brioche en passe de devenir une incontournable spécialité audoise.

Voilà des mois que les élèves de 1ère Bac Pro vente du lycée Gustave Eiffel de Narbonne travaillent sur ce  projet : le lancement de La Calina. Véritable produit concentré du terroir languedocien, cette brioche (qui se prononce la Calino en occitan) est unique en France et pourrait bien devenir une grande spécialité régionale. Son petit secret ? Elle contient au total cinq cépages de raisins différents : le Mozac, le Merlot, le Syrah, le Carignan et le Muscat.

Pour obtenir une bonne Calina, il faut préalablement faire macérer les fruits dans une eau de vie de marc de muscat pendant une quinzaine de jours pour ensuite les incorporer à la pâte. Un levain à base de blé du Lauragais et de pépins de raisins a également été spécialement créé sur place. Un accord incroyable puisque pour la petite anecdote, il faut savoir que la cohabitation entre le levain et l’alcool n’est habituellement pas possible. En général, l’acidité de l’alcool tend à faire retomber la pâte. Mais les petites mains du « Pain viennois » ont plus d’un tour dans leur sac et préconisent ainsi une fabrication en différée. Ce qui permet d’obtenir une belle brioche à la consistance idéale. Enfin, comme le bon vin, la brioche se bonifie avec le temps et se conserve jusqu’à 45 jours ! Astucieux non ?

Et si la Calina a pour ambition de devenir un produit phare du pays audois, n’oublions pas qu’elle a été créée dans le cadre des 60 ans de l’AFDAIM, qui soutient les personnes handicapées mentales. Depuis le lundi 30 mars et jusqu’au samedi 4 avril, la brioche est notamment en vente dans des grandes surfaces narbonnaises au prix de 6€. L’intégralité des gains sera reversée à l’association. La Calina sera ensuite disponible dans les boulangeries dès le mois de mai. V.C

15/09/2014

Voir (un peu) la vie en rose

Vous venez de payer votre dernier tiers provisionnel ? Les perspectives économiques vous dépriment ? Vous n'avez pas réussi à trouver un exemplaire du livre de Valérie Trierweiler ? Offrez-vous un petit verre de rosé; en plus c'est la période des vendanges ! Pour vous aider à choisir quel vin boire, Midi Gourmand vous offre les pages parues dans l'édition été 2014. Santé !

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16/07/2014

Label fait maison : progrès ou esbrouffe ?

Le décret sur l'utilisation du label "fait maison" vient d'être publié et précise les conditions d'utilisation de celui-ci par les restaurateurs. Mais déjà le soufflé de cette législation semble retomber. Pour enrichir le débat, Midi Gourmand a décidé de donner la parole aux professionnels de la restauration.Première réaction, celle de Joëlle, du restaurant "Le Temps suspendu" à Saint-Jean-de-Védas (Hérault), qui milite pour la transparence en cuisine et les circuits courts dans l'assiette :

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"Le décret relatif à la mention "fait maison" dans les établissements de restauration commerciale ou de vente à emporter de plats préparés" s'applique depuis le mardi 15 juillet 2014. Cette mention souhaite répondre "à un besoin de transparence et d'information des consommateurs" et "mettre en valeur la diversité de notre gastronomie, un des atouts essentiels de l'attractivité de la France". L'enjeu est de distinguer les produits frais cuisinés sur place des produits surgelés ou industriels. Et, par induction, les "vrais" restaurants des "faux". Et bien non, le client ne sera pas plus avancé ou pire le logo "fait maison" va embrouiller les esprits, les lobbies de l'agroalimentaire sont passés par là.
Dès le deuxième paragraphe du second article on peut lire : "Peuvent entrer dans la composition d'un plat "fait maison" les produits qui ont été réceptionnés par le professionnel : épluchés, à l'exception des pommes de terre, pelés, tranchés, coupés, découpés, hachés, nettoyés, dépouillés, décortiqués, taillés, moulus ou broyés mais également fumés et salés, et surtout réfrigérés, congelés, surgelés, conditionnés sous vide."
Le restaurateur peut alors "réceptionner" un filet de panga surgelé, le jeter dans une poêle avec quelques légumes des "célèbres" poêlées forestière vendues en sachet plastique (déjà épluchés et coupés) et afficher sereinement sa cuisine "maison". Deux articles plus loin, le décret précise qu'un plat composé d'un produit qui ne serait pas fait sur place "peut-être présenté comme "fait maison" dès lors que la marque du produit ou le nom du professionnel qui l'a fabriqué est expressément indiqué" Autrement dit, les non moins célèbres lasagnes de bœuf de Spanghero peuvent figurer à la carte du "fait maison" tant que tout cela est mentionné en tout petit dans les cgv. Si l'intention était bonne, on peut regretter que le label n'ai pas pris en compte les produits frais plutôt que les "produits bruts". Ce sont les restaurateurs qui utilisent des produits surgelés ou préfabriqués de manière abusive qui auraient du l'indiquer, et pas ceux qui cuisinent..."

10/07/2014

L'agenda gourmand de l'été

Que vous ayez envie de fruits, de légumes, de fruits de mer, de sucré ou de salé, d'ambiance gastronomique ou d'une soirée détente, les occasions ne manquent pas dans le Sud. Pour cet été, du Lot au Vaucluse, Midi Gourmand vous propose une sélection d'évènements gourmands dans 13 départements de Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Paca. Bon été !

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23/04/2014

Pierre Augé, 2010-2014 : la belle revanche !

Pierre Augé, le chef du restaurant "La Maison de Petit Pierre" à Béziers, est désormais un cas à part : finaliste malheureux de la première saison de l'émission à succès "Top Chef" sur M6 en 2010, il a retenté sa chance et pris sa revanche en 14 semaines pour sortir vainqueur le 21 avril dernier de la saison 5 de cette émission. Dans le premier numéro de Midi Gourmand en juillet 2010, Jean-Jacques Sarciat faisait le portrait de ce cuisinier talentueux et toujours de bonne humeur :

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"Pierre Augé a le physique d'un torero. Affûté comme un maestro des arènes. Cheveux coiffés à la Rudolph Valentino. Latino ? Un peu. Fondu du produit rare ? Beaucoup. Là, il vient de découvrir une carotte noire. Un légume sorti de derrière les fagots. "J'ai aussi trouvé une salade qui vient de Hollande : la feuille d'huître. Quand on la croque, on a la mer dans la bouche !". Que des trucs hors norme. A l'image du chef biterrois. En poussant la porte de "La Maison de Campagne "(l'ancien nom de "La Maison de Petit Pierre" NDLR), il faut s'attendre à subir l'inspiration du moment de Pierre Augé. Un doux supplice gastronomique en fait. "J'étais chez Gagnaire à Londres. J'avais préparé un plateau avec des petits fours. Je m'étais appliqué comme jamais. Le Chef passe en fin de matinée et jette à peine un regard sur ce que j'avais fait. Il n'a même pas goûté. Le soir, je lui ai demandé pourquoi il avait agit ainsi. Il m'a répondu : "pas la peine de goûter. Je sais que ce que tu as fait était bon, mais tu peux faire mieux". Cela a guidé ma vie. Comme quoi une phrase peut changer pas mal de choses", explique-t-il. Pierre Augé, c'est le dernier rejeton d'une lignée au service de l'art de la table. D'une tradition de la bouffe. Un grand-père berger et boucher, un père charcutier traiteur chez qui il a fait ses premières gammes. Ensuite, direction la capitale : le Bristol, Taillevent, le Pré Catelan. De grandes maisons, où les brigades sont les hussards de la gastronomie française. Et puis un jour, c'est le retour au pays. Logique. L'Orb, le fleuve qui baigne Béziers, coule dans ses veines. Il trouvera son bonheur à l'ombre des arènes. Enfin, pas très loin. Mais l'image est jolie. Depuis, dans sa cuisine, il envoie, seul, une centaine de couverts par jour (aujourd'hui en 2014, c'est plutôt 200 couverts NDLR). "Mon moteur, c'est l'envie de faire plaisir. je me dépasse tous les jours pour atteindre ce but. Cela fait six ans que je travaille sans m'économiser, poursuit Pierre Augé, je travaille à l'instinct. Je trouve des idées sur le moment avec la base culinaire dont je dispose alors". Ce toqué trentenaire travaille les produits de la région avec une cuisine qui navigue entre terre et mer. Un savoir-faire posé sur la rigueur et l'amusement. Loin des sentiers battus. Pierre Augé explore. Il batifole avec la gourmandise d'un gamin rigolard. "Je sais rester à ma place. Pour l'instant, je ne cherche pas à décrocher une étoile au Michelin. Il me reste du chemin à parcourir", explique-t-il, bien dans sa cuisine et ses baskets. "Je commence à avoir des plats qui deviennent mes classiques. La bonbonnière de boudin par exemple". Classique Pierre Augé ? Avec des notes de baroque et une pincée de primitifs flamands alors. Et seulement ainsi. "J'ai mis à la carte du boeuf de Galice. C'est de la blonde d'Aquitaine qui part en Galice. La viande est maturée entre 3 à 6 mois. Elle est momifiée au gras. Dans l'assiette, on ne retrouve que le coeur de la viande. On la mange presque à la cuillère !" Et si on tend l'oreille, on percevra les mots de Rosalia de Castro avec son "El caballero de las botas azules". Le bonheur, quoi. " (Photo : O.Got pour Midi Gourmand)

La Maison de Petit Pierre, 22 av Pierre Verdier, 34500 Béziers. Tél. 04 67 30 91 85 - www.lamaisondepetitpierre.fr

30/10/2013

Bloggeurs culinaires : venez en parler à Alès !

Midi Gourmand participe au Miam à Alès et organise un workshop sur le thème "Blogs culinaires : les nouveaux maîtres de la critique gastronomique ?" samedi 16 novembre à 14h30. Vous avez des choses à dire ? Contactez- nous !

dtradux@midilibre.com

18/10/2013

Di Rosa : de l'atelier à la table..

Considéré dans les années 80 comme l’un des principaux précurseurs de la Figuration Libre, Hervé Di Rosa revendique aujourd’hui davantage la paternité du MIAM, Musée International d’Art Modeste, à Sète, dont il demeure l’actif président. S’il a fait de Paris et de Sète ses ports d’attache, l’artiste sétois a entrepris, depuis 1992, des voyages « créatifs » à travers les continents. Il rapporte aussi de ses escales quelques réminiscences gustatives et souvenirs gourmands. L'interview de l'artiste, publiée dans Midi Gourmand N°11- Eté 2013 : 

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La 17ème étape de votre tour du monde, était Paris Nord. Quelle est la prochaine ?

Séville !  Le 24 octobre, la galerie parisienne Louis Carré exposera le travail que j’ai fait depuis quatre ans là-bas. Les peintures sont des réflexions sur l’imagerie populaire andalouse, qui a été inventée pour le tourisme, comme l’artisanat mexicain qui est né avec le début du tourisme américain, lorsque le président du Mexique proposa des aides financières aux villages qui créeraient leur propre artisanat. Ce n’est pas de l’art traditionnel, mais de l’art modeste. Des objets artisanaux faits par nécessité, dans une démarche commerciale et non pas artistique. Ces objets qui font partie des arts dévoyés m’intéressent, des faux fétiches jusqu’aux souvenirs d’aéroport. Au niveau des formes, de l’esthétique, ils sont très importants pour moi.

L’art modeste, c’est ce que vous recherchez dans vos voyages ?

Les cultures populaires occidentales, principalement des Etats-Unis, ont nourri mon œuvre dans les années 80. Mais il y avait des continents entiers que je ne connaissais pas et qui m’intéressaient. J’avais du succès, j’étais reconnu et je cherchais autre chose, un but. Je suis parti pour comprendre comment fonctionne l’image ailleurs. J’ai pris l’alibi des techniques différentes, car elles permettent d’entrer dans le travail. Finalement, je m’aperçois que les œuvres réalisées lors de ces étapes sont presque des scories d’une oeuvre principale, qui est mon apprentissage de l’autre. J’ai travaillé à Binh Duong, un village près de Saïgon, avec un maître de la nacre. J’ai passé quatre ans avec des gens qui ne parlent pas la même langue, qui ne mangent pas, qui ne vivent pas de la même manière… Avoir un projet commun, travailler ensemble sur une œuvre permet vraiment de mieux comprendre les ressemblances et les différences, et c’est peut-être le travail le plus important. Après, il faut qu’il reste des traces, les oeuvres sont des témoignages de cette rencontre.

 

Ces voyages ont aussi modifié votre peinture ?

Quand je fais une oeuvre en tressage de câbles téléphoniques, en Afrique du Sud, à Durban chez les Zoulous, la technique m’oblige à changer les formes. Et c’est très important, car j’ai envie d’être surpris par mon travail. J’ai besoin de changement, de découverte car si je m’ennuie en faisant une œuvre, la personne qui la regardera aussi. Picasso disait « je ne cherche jamais, je trouve », moi je dis « trouver ne m’intéresse pas, ce qui m’intéresse c’est chercher ». Mon but, c’est essayer de comprendre comment fonctionne le monde. Beaucoup d’artistes sont dans le constat « on est affreux ». Bien sûr. Mais au-delà du constat, j’essaie d’amener au moins une énergie positive. Dans mes peintures, les sujets n’ont aucune importance, c’est vraiment l’agencement des formes, des lignes et des couleurs qui voudraient transmettre une énergie positive de plaisir et d’optimisme.

 

Etes-vous aussi curieux dans le domaine culinaire ?

Je fais la cuisine ! Jusqu’à 40 ans, je n’ai pas cuisiné car ma mère est une excellente cuisinière et ma première femme aussi. Je m’y suis mis parce que ça m’intéressait, mes copains la faisaient… Je cuisine pour mes filles jumelles, qui ont dix ans, j’ai aussi trois fils plus âgés. Je commence même à demander des conseils à ma mère, qui est sétoise, mais je ne sais pas encore faire la bourride, ni la tielle !

 

 Votre spécialité ?
Je suis un mec de produit. Quand je vais au restaurant, j’aime la viande, le poisson… Les plats en sauce, je les mange chez ma mère. Ma grande spécialité, c’est le turbot vapeur. Je le fais pour mes amis, mes galeristes, c’est très simple, c’est aussi le produit. Vous savez, il vaut mieux une bonne tomate, avec un bon oignon et quelques pâtes, c’est meilleur et ce n’est pas plus cher que n’importe quel plat cuisiné industriel. Une tomate bien mûre qu’on peut manger juste avec un peu d’huile d’olive…

 

 Comment choisissez-vous un restaurant ?

Quand je suis arrivé à Séville, j’ai regardé un peu les guides, j’ai demandé conseil aux copains sur place et, en quatre ans, j’en ai choisi cinq ou six où je vais tout le temps. Ma femme aime bien tester des nouveaux restaurants, moi je suis souvent déçu. Au MIAM, nous estimons qu’il est très important de bien recevoir les artistes, les journalistes, les coproducteurs… Nous les emmenons dans des restaurants peut-être pas fastueux mais qui proposent une vraie cuisine sétoise. Cette ville possède un réel intérêt culturel au sens large, y compris culinaire. Il y a l’éternel débat sur la bouillabaisse entre ici et Marseille. A Marseille, la bouillabaisse est une espèce de soupe de poissons, alors que la sétoise, les filets des poissons sont cuits séparément et sont présentés dans le plat avec un peu d’aïoli. Rien à voir avec cette espèce de « bouille »!…

 

Parlons cuisine sétoise…

Il y a des plats traditionnels formidables, comme la peitoleade que mon ami et artiste Aldo Biascamano perpétue. Son père est un pêcheur à la retraite. Quand ce n’était pas interdit, les pêcheurs s’installaient quatre mois sur la plage, à la Corniche, pour pêcher à la traîne. Tous les petits poissons qu’ils ne vendaient pas, ils les mettaient dans une grosse bassine d’eau de mer. Ils faisaient un feu entre quatre pierres avec des canisses, du bois flotté, le littoral était encore sauvage, et ils plaçaient dessus la grosse bassine. Ils faisaient bouillir les patates d’abord, puis les petits poissons, les petits octopus. Ensuite, ils fabriquaient une espèce de grillage avec les cannes, le recouvraient avec les feuilles de canisses, puis ils versaient tout le contenu de la marmite. Seuls restaient sur ce lit de feuilles, les poissons et les patates qu’on déguste avec du citron, du pain. Un régal.

 

Quels souvenirs gastronomiques avez-vous gardé de vos voyages ?

Je n’ai jamais aussi bien mangé de ma vie qu’au Vietnam, en terme de goût, de complexité, de diversité, de légèreté, de qualité diététique. La belle-sœur de mon ami montpelliérain Philippe Nguyen, qui produisait l’opération, faisait le marché à Saïgon le matin, et tous les jours elle préparait le grand repas de midi, avec au minimum sept plats différents. Par contre, je n’ai jamais aussi mal mangé qu’à Addis-Abeba, en Ethiopie. Les galettes sont faites avec le tef, une graminée comme le blé, avec de toutes petites graines. Elles sont un peu rancies, le beurre aussi, en fait tout est rance. Toute la partie catholique de l’Afrique est extraordinaire, mais au niveau nourriture j’ai eu du mal. En Afrique de l’Ouest, Burkina, Togo, Cameroun, la cuisine est brutale aussi. La viande est très cuite, les goûts sont très durs. Une des spécialités est un plat à base d’agouti, un gros rongeur, une sorte de gros rat, cuit dans une sauce brune. C’est intéressant… Les saveurs sont puissantes ! Mon associé Jean Seisser, adorait.

 

La globalisation n’a pas encore uniformisée les saveurs donc !

Non. On pensait que Coca-cola et Mac Donald’s envahiraient le monde entier, ils y sont, mais les habitudes alimentaires perdurent. Je viens d’apprendre qu’en Inde, où une grande partie de la population est végétarienne, Mac Do va être obligé de faire des burgers végétariens. Il y a une résistance, qui n’est pas violente. Nous vivons un grand changement, proche de celui qui a vu le passage de l’ère agricole à l’ère industrielle. Certains vont tout perdre, d’autres tout gagner. Un grand chamboulement ! Mais je suis optimiste. Chaque fois que je pense « tout est foutu », je me dis « si tu avais vécu à Paris en 1942, qu’aurais-tu pensé de l’avenir ? » On s’imaginait que le Reich allait durer 1000 ans. Qui se doutait que dix ans après, le monde serait totalement différent ?

 

Un souvenir de saveurs d’enfance ?

Tous mes enfants sont allés à la cantine. Je n’y suis pas allé une seule fois. J’étais au lycée Paul Valéry, on habitait au quartier haut de Sète. Avec mon frère, qui était plus jeune, on rentrait à pied tous les midis. Ma mère était femme de ménage, elle revenait de son boulot pour nous faire à manger. Des vrais déjeuners ! Je n’ai jamais mangé du surgelé chez moi. Le plat que je préférais, la piste de supions, du supion cru avec de l’huile d’olive et de l’ail … Ma mère a gagné un prix de cuisine organisé par Midi libre, en 1980 je crois, avec son fameux turbot au roquefort. D’ailleurs, elle ne me l’a pas fait depuis longtemps !

 

Les natures mortes de nourriture vous inspirent-elles ?

J’ai beaucoup de scènes de mangeaille, de repas. J’ai essayé d’en faire une dans chaque pays, mais j’en ai peint surtout de Sète, des gros marins qui mangent des poissons. Mon père était chasseur de gibier d’eau, et j’ai aussi comme souvenir d’enfance les petits canards, les petites grives, les petits échassiers que ma mère cuisait à la casserole, c’est somptueux. J’adore ce genre de produit. Ma femme est basque, quand je vais au pays Basque, je me régale de palombes, je ne connaissais pas, c’est sublime. J’aime beaucoup les natures mortes des XVIIe et  XVIII èmes siècles. J’ai peint des fruits aussi. Je suis un grand amateur de fruits. Le roi, pour moi, c’est la pêche blanche et juste après, le fruit de la passion, mais il faut la qualité. Je fais beaucoup de salade de fruits pour mes filles.

 

Le MIAM, a t-il rapport avec le plaisir de la table comme le suggère son nom…

Mais oui. Chaque année, nous organisons un événement appelé « Miam miam glouglou » où nous élisons un vin de la région et lui offrons une étiquette peinte par un artiste. En 2009, la manifestation s’était articulée autour de l’œuvre de l’artiste Antoni Miralda et sa fondation «
FoodCultura Museum ». Une façon de mettre en relation des artistes avec le monde du vin et de la gastronomie.

 

Vous vivez entre Séville et Paris, quelle place occupe le MIAM dans votre travail ?

Le MIAM c’est mon œuvre, la partie réflexive de mon travail. Le projet de départ consiste à faire se rencontrer les cultures savantes et les cultures populaires, la création contemporaine et l’art populaire, l’art naïf, toutes ces créations un peu marginales… Il est le seul lieu fait par un artiste, pour des artistes, avec des artistes. A la différence d’une fondation qui serait dédiée à mon œuvre, il représente mon travail en action. Le MIAM, qui est un musée municipal, se définit à la fois par l’attachement au local et le développement international. Son but est d’aller vers des publics néophytes, tout en gardant une dimension expérimentale assez pointue. En 2012, nous avons célébré le vingtième anniversaire de Groland, avec Benoît Delépine et Jules-Edouard Moustic. Nous avons a mis en dialogue leur univers avec des œuvres contemporaines qui ne sont pas faciles. Plus de 40 000 personnes, dont la plupart n’avaient jamais mis les pieds dans un musée ou une galerie, se sont retrouvées face à des créations de Gilles Barbier, de Claude Lévêque…..


Interview : Marie Vanhamme - Photo : Aurélio Rodriguez

 

Les œuvres d’Hervé Di Rosa font l’objet d'un exposition « Séville »,  à la galerie Louis Carré à Paris.

 

 

20/02/2012

La cuisine : genre inclassable

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 Si vous êtes plutôt bouffe que gastronomie, davantage cuisine extrême que gourmet, c’est peut être une histoire de performances. Et si la mouche ne vous a pas encore piqué, allez donc faire un tour dans le dernier Guiness des Records. Certes les légumes n’y figurent pas parce qu’ils sont bios, mais plutôt pour leurs formes extravagantes ou accortes. Entre autres découvertes, le lecteur y fera celle du plus grand cône glacé - record tenu par l’Italie -  ou encore de la plus imposante omelette au monde composée de cent mille œufs. Ce ne sera pas sans ignorer d’autres records gargantuesques comme cette pizza réalisée pour plus de cents personnes aux Etats-Unis ou le hot dog le plus cher au monde ! Christelle Zamora

 

Le mondial des records, Guiness world Records 2012, 27 €.

16/10/2011

Bientôt une association des restaurants de Montpellier

 

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Cela n'est pas encore officiel, mais Midi Gourmand est en mesure de révéler que les chefs des restaurants gastronomiques de Montpellier sont en train de mettre la main à une association destinée à faire la promotion de la cuisine montpelliéraine et qui organisera un évènement phare par an. Voilà plusieurs années que les professionnels réflechissent à l'idée de constituer une association afin de défendre une certaine idée de la cuisine. La gastronomie montpelliéraine et des alentours ne peut que tirer parti d'une telle initiative qui aidera à renforcer l'image et l'identité de la cuisine du chef lieu de département. Les noms des huit restaurants fondateurs sont :

. Prouhèze Saveurs (Pierre-Olivier Prouhèze)

. Le Jardin des Sens (Jacques et Laurent Pourcel, 2* Michelin)

. La Réserve Rimbaud (Charles Fontès, 1* Michelin)

. Le Castel Ronceray (Patrick et Nathalie Guiltat)

. Cellier et Morel (Eric Cellier et Pierre Morel)

. De Lauzun - Gignac (Matthieu de Lauzun, 1* Michelin)

. Le Mazerand - Lattes (Christian et Jacques Mazerand)

. Sensation - Lattes (Angélique Gautier et Romain Salamone)

Le président de l'association sera Eric Cellier du restaurant Cellier et Morel, ex-Maison de la Lozère (photo) et le lancement officiel de cette association dont le nom est encore inconnu, devrait avoir lieu mi-novembre.

Didier Thomas-Radux

07/09/2011

Casadelmar ou la Corse dans l’assiette

C1 LE CHEF ILE ARCHITECTE.jpgDepuis quelques années, Casadelmar est devenu un lieu incontournable de Porto-Vecchio, et cette notoriété dépasse largement la Corse. Dans Le chef, l’île et l’architecte, l’écriture expérimente la fusion des genres pour dépeindre une cuisine à travers un contexte, un lieu, un territoire. Découvertes gastronomique ou architecturale sont les spécialités de Jean-Louis André qui signe les textes de ce beau livre autour du restaurant Casadelmar et de son chef Davide Bisetto, 2 étoiles au Michelin et 4 toques au Gault Millau. Histoires d’hommes et de talents y croisent celles des lieux, d’un terroir et de son terreau. La nature, le produit y sont magnifiés. Les recettes très élaborées parsèment un ouvrage qui cultive le goût de l’épure. A la fois nourricier et esthétique. Christelle Zamora

Le chef, l’île et l’architecte, Jean-Louis André, Serge Detaille, Davide Bisetto, éditions Glénat, 2011 - 39 €.

28/01/2011

Mal manger, ça fout les boules !

L'information va ravir les fins palais : la consommation d'acides gras  trans et de graisses saturées, tels que contenus dans les frites par exemple, accroîtrait le risque de dépression, selon une étude espagnole publiée le 26 janvier aux Etats-Unis, qui conforte d'autres recherches liant "malbouffe" et déprime. Les chercheurs de l'étude ont également constaté que l'huile d'olive - riche en acide gras mono insaturé (oméga 9) et base de la cuisine méditerranéenne-, ainsi que d'autres huiles végétales et poissons gras contenant des graisses insaturées contribuaient à réduire le risque de maladie mentale. Les auteurs de l'étude ont suivi et analysé le régime alimentaire et le mode de vie de plus de 12.000 volontaires pendant six ans. Au début de l'étude aucun des participants n'était dépressif. A la fin de l'étude 657 d'entre eux souffraient de dépression. Les chercheurs ont constaté que parmi tous les volontaires, ceux ayant consommé des acides gras trans et des graisses saturées "avaient un risque de dépression 48% plus élevé que ceux qui n'avaient pas absorbé d'aliments contenant ces graisses". Manger sain et bon en habitant dans le Sud, voilà la solution !! DTR